Placet adressé à la Commission d’Enquête
4° PLU de Toulouse (3 Juillet 2009)

Dr Bernard Auriol
Association « Les Petites Toulousaines »
5 Impasse Blanchard
31400 – Toulouse
Tél 05 61 25 26 27
Fax 05 61 52 28 31


Monsieur le Président
Commission d’Enquête,
4° modification du PLU de Toulouse

s/c Direction du Développement Urbain et Durable
de la Mairie de Toulouse,
2 bis place des Carmes,
31000 Toulouse

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs

Je vous adresse ce message au nom de l'Association "Les Petites Toulousaines". Son but est d'illustrer et défendre l'habitat modeste à taille humaine, dont un des modèles de notre région est celui des "toulousaines".
Nous voudrions insister sur le lien probable qui met en corrélation la concentration (= densité) de l'habitat et la quantité de stress subi par ses habitants.


Le stress, pris en considération ici, est connu chez les animaux dont l'espace de vie est restreint, ce qui multiplie à l'excès les interactions entre eux non souhaitées et non souhaitables.


Chez les êtres humains, l'autre, proche voisin, est d'autant plus perçu comme ennemi que sa proximité structurelle enlève toute possibilité d'éviter sa fréquentation.


Les différences des individus entre eux ne peuvent alors plus être perçues comme un enrichissement réciproque, mais ils deviennent les marqueurs et comme les oriflammes des communautés d'appartenance respective. De là des méfiances, des attitudes irrespectueuses, des conflits inadaptés mais parfois gros de conséquences individuelles, microsociales et politiques sans fondement rationnel.


Ces phénomènes pourraient être responsables d'une augmentation des troubles de la santé individuelle : maladies allergiques, maladies de système, maladies psychosomatiques, décompensations névrotiques, psychotiques et psychopathiques. Le coût de ces troubles de la santé individuelle sont difficiles à chiffrer mais certainement très lourds.


Ces mêmes phénomènes pourraient être responsables d'une augmentation des troubles de la "santé sociale" : augmentation des conflits de voisinage, augmentation plus générale de la délinquance, difficultés au travail liées à une diminution de la quantité et/ou de la qualité du sommeil, diminution de l'autonomie de pensée et de la créativité des habitants dont le seul recours pourrait se trouver un jour dans la violence collective. Là encore le coût économique est difficile à chiffrer mais pourrait être plus lourd qu’on ne l’imagine.


De grands ensembles immobiliers ont été construits en réponse à la pénurie de l’après guerre. Conçus avec intelligence par des politiques et des architectes compétents et de bonne volonté, ils ont pourtant engendré des difficultés qu’il est superflu de décrire ici par le menu.


L'attrait de la ville de Toulouse tient pour beaucoup à la diversité qu'elle manifeste. Tous types de population s'y côtoient dans le cadre de la mixité urbaine: dans beaucoup de quartiers, les nombreuses maisons individuelles (dont les fameuses Toulousaines) qui la parsemaient étaient, autrefois, à peine ponctuées par quelques immeubles.


Cet équilibre a été inversé au profit d'immeubles de taille réputée « moyenne » pour, disait on, permettre d'absorber la population désirant, depuis quelques années, s'installer dans notre ville.


Mais si une telle inversion d'équilibre se perpétuait, cela pourrait changer radicalement l'attractivité de notre communauté ainsi que sa morphologie sociale.


Cette fuite en avant provoque même des effets pervers déjà visibles. Alors que la population, dans son ensemble, souhaite jouir d'une préservation de la nature, les petits propriétaires n'ont plus aucune raison de conserver leurs terrains avec quelques arbres ou quelques fleurs, parfois des légumes. Ils sont presque invinciblement attirés par les propositions de promoteurs qui font monter le prix des terrains au point qu'il devient très avantageux de leur vendre sa petite maison ou son jardin. Ils seront agrégés à d'autres terrains similaires et voués à la destruction au profit d'immeubles sans âme.


Le seul moyen d'endiguer cette logique est de rendre moins avantageuse la construction de telles structures.
L'objection du coût des réseaux (eau, gaz, électricité, téléphone, voierie) tient mal devant les impératifs de santé individuelle et collective que nous avons évoqués plus haut.


Par ailleurs, d'autres modèles urbains existent, y compris dans d'autres métropoles.

Nous ne sommes pas contraints d'imiter Hong Kong, New Dehli, New York ou la banlieue parisienne. Dans tous ces cas, la concentration de population, contrairement à toute attente, est loin de réduire les temps de transport ou les frais de maintenance ou de construction des réseaux. Le plus de proximité n'engendre, c'est le moins à dire, une quelconque convivialité. Bien au contraire !

 

 

 


Boston (USA)


- Il nous parait nécessaire et urgent de freiner la dérive bétonneuse qui nous a été léguée par les PLU antérieurs. C'est pourquoi nous considérons comme souhaitable la limitation de hauteur des nouvelles constructions à 12m (voire 10 m), notamment sur les zones de la communauté urbaine qui se trouvent à proximité d'espace verts ou qui comportent des jardins traditionnels.


Dans le même esprit, nous demandons le rétablissement de la limitation de la SHON tel qu’elle existait avant le PLU ; il ne convient pas d’étendre la licence de construire sans limite que contenaient les « prescriptions » incluses jusque là dans les documents « graphiques » annexés au PLU. Il faut, bien au contraire, éviter la mise en chantier inconsidérée du type d’immeubles sans limite de SHON, qu’on a vu fleurir ces dernières années le long de certaines voies considérées comme « importantes ».


- Par ailleurs l’évolution climatique s’accélère et dépasse ce que craignaient jusque là les scientifiques spécialisés. Ceci implique qu’au delà de grêles ou de tornades éprouvantes, nous devons nous attendre à des débordements excédant de beaucoup ceux que la Garonne a connus au long de l’histoire. Cette prévision très probable signifie que les digues existantes établies en fonction de la PHEC pourraient s’avérer bien insuffisantes et que nous aurons à pleurer ceux de nos concitoyens qui en seront victimes. D’autant que cette PHEC n’est probablement pas exacte si nous prenons en considération les crues antérieures au XIX° siècle (Cf. les délibérations du Conseil Municipal lorsque la PHEC a été définie).


Cela rend irresponsable la décision d’encourager les constructions en zones inondables et aussi d’inciter à créer des parkings souterrains dans ces zones. Les parkings souterrains contribuent , plus encore que les bâtiments dont ils sont l’assise, à amoindrir les possibilités d’infiltration et de circulation des eaux, même quand on reste au dessus de la nappe phréatique.


Par ailleurs, le nombre de parkings obligatoires à prévoir, devrait être au moins égal à deux pour chaque appartement ; en effet les familles qui se limitent à deux voitures sont bien rares. Rappelons nous que le nombre d’immatriculations en Haute Garonne est un des plus élevés de toute la France ! Il n’est pas réaliste de penser que le surplus de véhicules pourra trouver une place le long des rues. Ce n’est déjà plus le cas et si on poursuit la « densification » cela le sera moins encore ! S’ils ne construisent pas suffisamment de parkings, il convient donc d’exiger des bâtisseurs, une contribution permettant à la Mairie d’édifier de nouveaux parkings publics ou d’étendre ceux qui existent, sur le modèle des parkings du métro.


Convaincus que vous voudrez tenir compte de ces observations, veuillez croire en l’expression de toute notre confiance et de notre considération,


Dr Bernard Auriol,
Président de l'Association "Les Petites Toulousaines"
5 Impasse Blanchard
31400 - Toulouse – France
tel +33 (0)5 61 25 26 27

Site http://www.les-petites-toulousaines.com/densification.htm
voir aussi: http://benje.free.fr/dotclear/index.php?tag/urbanisme

Par ailleurs, une Association proche de nous appuie de manière circonstanciée sa demande de prévoir suffisamment de parkings :

1) Remarques concernant la 4ème modification du PLU


Normes de stationnement:

Le projet prévoit de transformer les minimums exigés en maximums autorisés.

Exemple; pour la construction de 3 T2 de 50m² classiques:

- il faut aujourd'hui construire 3 places au minimum (1 place par logement) en zone tcsp
- avec le projet il faudrait construire entre 0 et 2 places maximum
(1 place maxi pour 80 m² shon) C'est à dire même pas une place par logement.
donc les 1 à 3 voitures (ou plus!) des occupants qui n'auront pas de parking dans leur construction iront stationner dans la rue !
- Ce qui va à l'opposé de la volonté de diminuer la place de la voiture dans la ville.
- Ce qui posera problème aux habitants de « toulousaines » qui stationnent déjà dans la rue car n'ayant pas de parkings.


Ce projet de règle confond manifestement stationnement résidentiel - stockage de véhicules qui ne circulent pratiquement que vers l'extérieur (périphérie de Toulouse , où les transports en commun sont inexistants) - et circulation en ville, due principalement aux trajets journaliers domicile- travail des personnes habitant à l'extérieur et venant travailler à Toulouse-centre.

Il s'agit donc dans la règle de différencier le stationnement résidentiel de celui lié aux constructions à usage de bureaux notamment.

D'autre part, la traduction de 1 place par logement par 1 place par 80m² shon ne correspond manifestement pas à la typologie des logements construits actuellement en centre-ville, qui sont en majorité de 60m² shon, chiffre qu'il faudrait retenir si l'on veut conserver l'équivalence moyenne d'une place pour un logement.

L'Association demande que soit conservée la règle de stationnement minimum pour les
constructions à usage d'habitat, avec la traduction d'une place minimum pour 60m² de shon.

Association des riverains des rues de
Cugnaux et Nungesser & Coli.
24 rue de Cugnaux
31300 Toulouse

 

 

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© Copyright Bernard AURIOL (email : )

5 Juillet 2009