La Commission européenne veut élaborer une politique urbaine "durable"

Le Monde du 24.05.10
Grégoire Allix

Le commissaire européen à la politique régionale, Johannes Hahn, s’est dit favorable, vendredi 21 mai 2010, à ce que "la politique urbaine devienne une nouvelle cible de l’Union européenne".

C'est l'amorce d'une stratégie européenne pour les villes. Le commissaire européen à la politique régionale, Johannes Hahn, s'est dit favorable, vendredi 21 mai, à ce que "la politique urbaine devienne une nouvelle cible de l'Union européenne". L'Autrichien s'exprimait en clôture de la 6e Conférence européenne des villes durables, à Dunkerque, dont les participants venaient de demander à l'Union européenne de reconnaître les collectivités locales comme des acteurs-clés du développement durable et de la lutte contre le changement climatique.

La Commission européenne veut élaborer une politique urbaine "durable"

"Le rôle des villes est essentiel : à elles seules, les mesures prises à Londres ont plus d'impact que celles de plusieurs Etats membres de l'Union européenne", a approuvé le représentant de la Commission. Mais au-delà de la reconnaissance symbolique, M. Hahn a esquissé les grandes lignes d'une stratégie inédite : si l'Europe a une politique agricole commune depuis un demi-siècle, elle n'a jamais défini de politique urbaine.

"Avant la fin de l'année, la Commission aura élaboré un document de politique urbaine, avec une vision de la ville européenne d'avenir, des exemples de bonnes pratiques, en abordant les questions de la forme urbaine, de la planification, des transports publics, des espaces verts, etc.", a précisé M. Hahn devant la presse.

La question des finances n'est pas oubliée : "La politique de cohésion va être un véhicule pour transformer cette vision en réalité", assure-t-il. Les villes, qui perçoivent moins de 7 % des fonds structurels européens, demandent que leurs plans climat soient inclus dans la politique de cohésion communautaire, au moment où l'Union planche sur une réforme des fonds structurels et sur son budget pour la période 2014-2020.

"UN SOUTIEN PLUS FORT"

Le traité de Lisbonne a jeté les bases de cette évolution, en 2007, en ajoutant aux volets économique et social l'exigence de la cohésion territoriale et en reconnaissant l'autonomie des collectivités.

"Il y a toujours eu une dimension urbaine dans nos politiques de cohésion, mais il n'y a pas d'enveloppe pour la politique urbaine ; notre ambition est un soutien plus fort et plus directement dédié aux aires urbaines dans la prochaine période des fonds structurels, annonce M. Hahn. La politique urbaine est intégrée : logement, transport, efficacité énergétique, activité économique... C'est l'objectif de la Commission d'offrir un programme intégré aux villes à l'intérieur de la politique régionale."

Reste une difficulté de taille : "Nous devrons convaincre les Etats membres que nous avons besoin d'argent pour réaliser cela", admet le commissaire européen. Or la plupart des gouvernements souhaitent avant tout réduire l'enveloppe des fonds de cohésion et certains Etats pourraient voir d'un mauvais oeil leurs collectivités locales gagner en autonomie.

La Commission a pourtant déjà commencé à travailler directement avec les villes sur les questions de climat pour passer outre la frilosité des Etats. En 2009, elle a créé l'Alliance des maires pour aider les villes déterminées à dépasser l'objectif européen de baisse des émissions de CO2 de 20 % d'ici à 2020. Quelque 1 700 villes s'y sont déjà engagées.

Article paru dans l'édition du 25.05.10
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7 Juin 2010