Comment
concilier rêve pavillonnaire
et ville
durable ?
Citation de Grégoire Allix in
du 12.11.09
C'est
devenu le leitmotiv des urbanistes et des élus : il faut densifier la ville,
éradiquer la banlieue pavillonnaire et son cortège de déplacements automobiles.
Mais voilà, sondage après sondage, la maison individuelle reste le rêve de plus
de 80 % des Français et 65 % de nos concitoyens se hérissent au seul mot de
densité.
Ce
grand écart entre le modèle idéal des professionnels et les aspirations de la
population est l'objet de l'exposition "Villes rêvées, villes durables
?", présentée à l'Espace Fondation
EDF, à Paris, avec l'Institut pour la ville en mouvement. "Le cauchemar
de l'étalement urbain, c'est le rêve de maison de beaucoup de gens",
résument les commissaires de l'exposition, les urbanistes Taoufik Souami
et Eric Charmes,
maîtres de conférence à l'Institut français d'urbanisme et chercheurs au CNRS.
La
densité n'est pas la panacée, remarquent les deux auteurs. "Des études
norvégiennes montrent que les habitants des zones très denses utilisent certes
peu leur voiture en semaine, mais partent davantage en week-end. C'est ce qu'on
appelle l'effet barbecue. Le bilan carbone de leurs déplacements est finalement
équivalent à celui des habitants de la périphérie", explique Eric
Charmes.
Les
écoquartiers, qui bourgeonnent en France vingt ans après les pionniers d'Europe
du Nord, sauront-ils faire rêver avec leur modèle d'habitat collectif aéré
et économe en énergie ? S'attardant dans les rues d'Hammarby Sjöstad
à Stockholm, l'exposition rappelle que si ces quartiers ont du succès, "c'est
aussi parce qu'ils ont développé des espaces urbains agréables et une grande
qualité de vie", au-delà de la préservation de l'environnement.
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Défi
aux urbanistes
Autre
rêve aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, où le New Urbanism
dépoussière l'esprit villageois : maisons accolées, rues agréables aux piétons,
pastiches d'architectures traditionnelles, boutiques. Modèles : les villes de
Celebration, en Floride, et Poundbury, en Angleterre. "Ces villes
donnent des boutons aux architectes à cause de leur esthétique néovillageoise,
mais elles réussissent à faire accepter un habitat individuel dense, avec un
mode de vie avant tout urbain, estime M. Charmes. En traitant la densité
par l'architecture contemporaine, comme le fait la France, on ne dépasse pas le
stade expérimental."
Réussir
la ville peu dense, créer de la centralité en périphérie, introduire de
l'urbanité dans les zones pavillonnaires, c'était le défi lancé aux urbanistes
par le chercheur François
Ascher, à qui doit être décerné le Grand Prix de
l'urbanisme 2009 à titre posthume, le 24 novembre.
Des
urbanistes dont il regrettait qu'ils "ne se saisissent pas de ce thème,
car ils n'acceptent pas que la ville soit aussi faite d'espaces distendus,
qu'une majorité des Français souhaite une maison et un jardin".
Sur
le Web : fondation.edf.com
et www.ville-en-mouvement.com.