Hydraulique du sous sol toulousain

et zones inondables

 

 

 

Les crues, au regard du réchauffement climatique, sont de plus en plus importantes sur l’ensemble du pays ; c’est dire que prendre comme référence maximum la crue de 1875 (PHEC) ne garantit Toulouse de rien (Cf. délibération du Conseil Municipal de 1949)

 

Il est bien entendu, nécessaire de rendre étanche, autant que possible le sous sol et le premier niveau des nouveaux bâtiments, dans l’espoir de sauver la vie qui s’y seraient attardés lors d’une crue.

 

Cependant, cette précaution minimale - qui n'est dorénavant même plus exigée - risque d’être inutile, notamment si une crue atteint des niveaux qui ont été connus au XVII° siècle, ceci d’autant plus que la « densification » et toutes ses conséquences multiplient la probabilité et l’importance d’une catastrophe attendue les bras ballants.

 

Va-t-on s’attaquer au bétonnage excessif, à l’hyperurbanisation, aux réseaux souterrains construits, à la multiplication des bâtiments, au sacrifice des jardins qu’on a offerts et qu’on continue à offrir au moloch de la promotion immobilière ? Va-t-on arrêter la prescription ou la tolérance excessive à l’usage de puits de réinfiltration qui sont une source  supplémentaire de risque plutôt qu’une garantie d’écoulement ?

 

Quand un projet est  situé en zone inondable de la Garonne, les services de l'Etat, consultés au titre d'une servitude d'utilité publique, considèrent trop facilement que la construction projetée ne sera pas de nature à faire obstacle à l'écoulement des eaux ou à restreindre d'une manière nuisible le champ d'inondation. 

 

L’autorité préfectorale se contente d’exiger un niveau du plancher bas au-dessus de l'altitude des plus hautes eaux connues (PHEC) et un sous-sol rendu étanche jusqu'à l'altitude de ces PHEC.

 

Si, d’ailleurs, ces obligations déplaisent aux promoteurs, on aura la ressource de réviser la notion de PHEC, non pour se référer à la réalité historique d’avant 1875, mais plutôt pour exagérer l’amnésie historique et considérer que l’inondabilité retenue jusque là était trop extensive et que les PHEC ne sont plus ce qu’elles étaient !

Soulignons quelques points en ce qui concerne Toulouse, ville qui fut inondée, qui est inondable, qui sera re-inondée :

- Les toulousains ont connu la catastrophe AZF, à inscrire au livre des Records, ne devraient-ils pas se réjouir d'y ajouter un nouveau et plus imposant record ? Gare à la Garonne ! Toulouse est probablement la Ville d'Europe la plus menacée par les inondations. Le Rhone n'est qu'un enfant sage comparé aux sautes d'humeur inattendues qu'a connu et que connaîtra plus encore notre Garonne.

- L'Hopital Gérard Marchant n'a pas échappé à la crue de 1875, ni à la famine réservée aux malades durant la 2° guerre mondiale, ni à la déflagration d'AZF. Attendons, confions nous aux études ad hoc, et nos malades se noieront à la feinte surprise de nos services urbains.

En bleu, Pendariès a représenté les surfaces inondées.
On voit que l'eau déborde - et de loin - la Patte d'Oie.
Nous avons cerclé de rouge l'Hopital Gérard Marchant

(Plan issu de l'Atlas de Pendaries, reproduit ici grâce à Messieurs Gaston Biard et Michel Massou)

- Inutile de se soucier, nos digues trop hautes nous protègent pour l'instant. Jusqu'au jour où nous verrons avec effroi, fondre les mollasses mal protégées par des bâtis fragiles ou ces parties de digue purement terreuses, sans bâti protecteur (Manoir, Langlade, Amidonniers, Sept Deniers). Résisteront-elles à des flots charriant à 25 km/h troncs d'arbre, vélos, voitures et camions ?

- inutile de se soucier, les toulousain(e)s ont échappé, par un décret inespéré de la providence, aux gaz moutardes et à l'Ypérite lors d'AZF. Quand l'eau videra les soutes des SNPE-isochem-SME, combien de malades, combien de morts ?

- Il était jusqu'ici question des Plus Hautes Eaux Connues (PHEC) limitées à la crue, il est vrai terrifiante, de 1875 (Nous savons que dans les siècles antérieurs, des crues plus importantes encore ont eu lieu). Rassurons nous ! Nous sommes plus malins que nos paresseux prédécesseurs ! La crue de 1875, grâce aux bons soins de la Sogreah Groupe Artelia , s'est tassée, s'est amoindrie; le sol s'est miraculeusement soulevé, le lit du fleuve s'est enfoncé, les eaux, contrairement à toute attente climatique, ne remonteront jamais aussi haut car elles s'enfuiront plus vite. Croyez nous, les calculs ont été faits, très soigneusement, et sans doute plusieurs fois refaits comme en témoigne la facture !

- Mais pourquoi se hasarder à défendre l'indéfendable ? L'expert qui prédisait avec pertinence les inondations de la côte vendéenne n'est-il pas le même qui a apposé sa belle signature aux Permis de Construire pour des maisons dont il connaissait d'avance l'effroyable destin ? Comment lui jeter la pierre ? N'était-il pas tenu, comme tant d'autres, à avaler les couleuvres venues du plafond parisien ? Pouvait-il refuser ce qu'on lui demandait de manières si persuasives ? Il en arrivait à penser que ses propres prédictions étaient sans valeur, jusqu'au jour de leur accomplissement.

- Ne voyons nous pas qu'au delà du retour prévisible d'une crue centéniale, l'échéance ne peut que se reserrer : le bétonnage tous azimuths de la ville rend caduque une prévision aussi modeste : il est bien clair que nous connaitrons pire.

 

Les Services de l’état considèrent trop souvent l’éventualité d’une inondation qui affecte la surface, et non ce qui concerne la circulation des eaux souterraines. Une évaluation spécifique paraît pourtant nécessaire.  Nous devrions ici prendre en compte, non chaque projet de bâtiment, comme s’il était isolé, mais le fait que des inconvénients majeurs peuvent résulter du développement du nombre, de la surface, de la profondeur et même de la hauteur des bâtiments qui est une source non négligeable de surcroit de population au m² et par là d’une abondance accrue d’eaux usées, dont l’évacuation n’est pas assurée selon des normes sécurisées ; de sorte que les égouts, les puits de réinfiltration et les canalisations « pluviales » seront largement saturés et ajouteront leurs eaux aux eaux débordantes de la Garonne en crue.

 

Par ailleurs, on connaît les effets destructeurs des variations d’imbibition aquatique ou de dessèchement du sol et du sous-sol. La construction de sous sols – fussent des parkings - dans des terrains généralement très hydriques à Toulouse, va conduire les maîtres d’œuvre à « immerger » ces parkings, comme une piscine inversée, dans la nappe phréatique ou très près d’elle. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'une simple prédiction puisque ce type de comportement a été attesté plusieurs fois dans le passé : on pompe jusqu'à permettre un semblant d'assèchement provisoire du sous sol que l'on veut construire, on vide un segment de nappe phréatique : c'est suffisant pour construire en vitesse. Dommage si cette nappe se fragmente, si l'eau souterraine se "mite" de trous inquiétants.

 

Ce bétonnage du sous sol va constituer un obstacle à l’écoulement des eaux souterraines ; cela est d’autant plus nuisible que de multiples promoteurs rivalisent de créativité, jusqu’à atteindre une sorte de « cloisonnement » multimodal gênant l’évacuation en cas de surcroît hydrique.

 

L’évolution du climat semble plus rapide qu’on ne l’avait espéré et les effets des artefacts que nous dénonçons, comme de ceux que nous taisons encore, pourraient intervenir pour donner raison à nos aînés, qui dans les quartiers inondables évitaient de construire en sous sol.

 

Les services d’urbanisme et les édiles municipaux s’affranchissent gaillardement de ces inquiétudes sur les conséquences d’une fragmentation de la nappe phréatique par de nouveaux bâtiments et par des parkings étanches immergés, en remarquant que les conséquences que nous en craignons « ne sont pas démontrées ». Vraiment ? Ne sont elles pas démontrées, ailleurs et dans tant de lieux qu’il devient impossible d’ignorer, qu'ailleurs, elles ont eu lieu pour ajouter au ricanement sceptique et aux eaux envahissantes, le débordement des larmes du deuil pour toutes les victimes.

 

Certes ! Il faudra sans doute attendre, faisant fi du Principe de Précaution, de nouvelles catastrophes. A vrai dire un nouveau record toulousain !

Il est vrai qu’à Toulouse les risques que nous dénonçons ne sont pas encore démontrés par les faits.

 

·       Bien sûr, des conséquences prétendument "imprévisibles" ne sont  démontrables que par leur réalisation. Nous prétendons que, sans être démontrées, de telles conséquences sont probables. Il est nécessaire de s’en prémunir par précaution, et de réaliser les parkings en surface, de stopper la « densification » tous azimuts, de préserver les jardins individuels ou municipaux, d’éviter la construction de bâtiments qui devraient éjecter leurs surplus d’eau en surchargeant clandestinement le pluvial ou en utilisant de prétendus puits de réinfiltration qui ne serviront à rien lorsque l’imbibition générale des sols, à toutes les profondeurs, rendront l’éponge argileuse incapable d’absorber aucune goutte supplémentaire.  

·       Bien sûr, le maître d’œuvre de bonne volonté pourra réaliser une étanchéité des sous sols, parkings et rez de chaussée. Il devra alors faire en sorte (par exemple par “cuvelage”) que les eaux de la nappe phréatique ne viennent inonder son bâtiment. Mais ce travail, aussi soigneux serait-il, va se détériorer avec le temps, notamment au delà de la durée de sa responsabilité comme Maître d’œuvre (10 ans), sinon sa responsabilité d'être humain soucieux des vies humaines.

·        

 

Nous demandons que soit appliqué en tout lieu inondable le Principe de Précaution ; selon les réflexions européennes trois principes spécifiques doivent guider le recours au principe de précaution :

 

Un Article de l'ancien POS

 

 

Article 3UA4 du Pos – Desserte par les réseaux

 

3.3  « Toutes les solutions susceptibles de favoriser le stockage et l’infiltration des eaux pluviales afin d’alimenter la nappe phréatique d’une part et d’éviter la saturation des réseaux d’autre part, doivent être mis en œuvre.

3.4  L’excès de ruissellement qui ne doit pas dépasser le débit correspondant à une imperméabilisation maximale de un tiers de la surface de l’unité foncière, peut être canalisé et rejeté directement dans le réseau public. ».

Document préparatoire au PPRI réalisé par Le Comité de Quartier de la Croix de Pierre

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MAJ 23 Décembre 2010