La fabrication toulousaine des plombs de chasse...

Paul Nadal

 

Toulouse, notre ville, fut plus industrielle qu'on ne le pense avec ses petits et moyens ateliers, concernant surtout fonderies, chaudronnerie, construction métallique, mécanique, avec dans cette dernière branche la production d'instruments et machines agricoles (Usine Amouroux la plus importante), Turbines hydrauliques (seconde ville à les produire après Grenoble), rivets, etc

Dont parmi ces constructions et/ou fabrication, s'incluait celle du plomb de chasse .

C'est dans les années 1870, à Toulouse, que les Sieurs Estrade & Bessières, louent les vestiges de l'ancienne église des Cordeliers, pour y installer leur fabrication de plomb pour la chasse .

Utilisant l'ancienne et classique méthode de la fabrication par gravité; or le clocher est tout trouvé pour cela . Le plomb est mis en fusion en un point le plus élevé possible, à la basse du cubilot contenant le bain de plomb, se situe une vanne qui s'ouvre sur une sorte de passoire percée d'orifices circulaires ayant le diamètre du plomb que l'on veut obtenir. Ces diamètres correspondent à des numéros inversement proportionnels (N° 12 = I, 1/4mm. jusqu'au n° 4/0 = 5mm.). Au delà, cela s'appelait de la chevrotine et le mode de fabrication en était différent (Par centrifugeage)

Le plomb en fusion passant à travers ces orifices prend la forme d'un goutte d'eau, mais à partir d'une certaine hauteur cette forme devient sphérique ; en sus pour favoriser cela, dans le bain de plomb à été adjoint une certaine quantité d'arsenic .

Ces gouttes passent à l'intérieur d'une goulotte qui aboutit à un bac d'eau, dont le but est à la fois d'amortir la chute et de garder leur forme en les "gelant" ; Ces grenailles sont retirées du bac à l'aide d'une chaîne dragueuse qui les déversent dans une trémie dont l'orifice les fait écouler sur une sorte d'escalier, où les grains bien sphériques vont de marche en marche arriver au sol, tandis que les grains mal formés vont s'échapper et n'arriveront pas à destination .

Ces grains de plomb sont brillants, il faut maintenant les noircir, ce avec du noir de fumée ou mieux avec de la mine-de-plomb . Il ne reste plus alors que le pesage en sachets de 5Kg ou sacs de 25 Kg voire en fûts .

Jusqu'a la fin des années 1930, les séries de plombs variaient suivant les villes où elles étaient produites, (Paris, Marseille, Lyon Bordeaux, Orléans) et seul Paris appliquait la série métrique, qui finalement prévaudra .

Revenons à Toulouse. En 1902 , B.Tapiau, un ferrailleur, reprend l'affaire sur le même site, il y restera jusqu'en 1936, où ayant acquis un grand emplacement rue des Arcs St. Cyprien, angle Bvd. de Séverat, il fera édifier une grande tour d'environ 40m., en béton armé, avec laquelle il fabriquera du plomb de chasse jusqu'à 1970 environ .

Entre temps et par ailleurs, les Ets. Tapiau étaient devenus les plus importants récupérateurs en ferraille et métaux , du Sud-Ouest . S'intégrant dans un groupe ils devinrent la Sté. SudFer, puis Novafer . Cette firme existe toujours, située à Colomiers, mais sous un nouveau nom .

Concernant encore la fabrication, le plomb de chasse était produit soit en plomb doux, soit en plomb dur (Durci par un alliage d'antimoine). Ce plomb, servait aussi pour la pêche, partant du plomb doux (c'est à dire du plomb pur) il était fendu, et ainsi pouvait être pincé sur le fil de pêche . Cette transformation n'était pas le fait des fabricants de plomb de chasse, mais d'ateliers artisans fabricants divers modèles de plombs, tel Paul Nadal.

Les divers fabricants de plomb de chasse avaient donné un nom de marque à leur produit, c'est ainsi que celui de Toulouse était "Le Plomb des Cordeliers", "Seule Fonderie à Toulouse", comme il était inscrit sur les sachets . Marseille, ayant "Le Plomb des Chartreux" . En 1984, j'ai pris des photos de la tour Tapiau, qui sera démolie en 1988, ainsi que tout le site rasé, laissant place à des immeubles.

photo Paul Nadal - 1984

Photo de Paul Nadal - 1984

 

 

Photographie de J.Saludas (1889-1969 [?]) qui était un photographe de reportages, indépendant, un "Freelance" comme l'on dirait aujourd'hui. Son oeuvre est partie à l'encan, qulques unes de ses photographies se sont retrouvées chez un brocanteur en 1970 . Il avait photographié pour le compte de l'administration et de l'entreprise les remarquables travaux de rempiètement des piles du Pont-Neuf , de 1937 à 1948. Photographie de J.Saludas

L'installation mécanique de cette tour était l'oeuvre des ateliers toulousain "L'Union Technique".

 

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29 Juillet 2008