Nos chères "Toulousaines"

Philippe MAGRY

(extrait de la revue "Quartiers Libres" N° 88 a et b , Mars - Avril - Mai 2009)


Rarement imposantes, des volumes simples, et une faible pente de toit leur donnent l'air de s'aplatir au ras du sol.

Une « toulousaine» est une maison originellement sans étage, construite majoritairement en briques et dont le faîte du toit (à deux pentes) est parallèle à la façade. Elle compte en général quatre pièces avec un couloir central traversant qui débouche, à l'arrière, sur un jardin. Au centre du couloir, courait autrefois une petite rigole, creusée dans les larges tommettes carrées du sol, charriant les eaux usées de la maison vers le caniveau de la rue avant que ne soit instauré le tout à l'égout.

La façade est le plus souvent symétrique. Encadrements de porte et fenêtres sont majoritairement en briques foraines [=> briques de construction des vieilles bâtisses Toulousaines de dimensions 28 x 40 x 5 cm.] et saillants. Ces maisons n'ont pas de véritable étage mais plutôt un grenier appelé galetas dont une petite corniche marque le niveau en façade. Les fenêtres peuvent être décorées par un motif en relief à leur sommet. Ce brin de fantaisie dans une belle symétrie participe pleinement à la beauté des maisons toulousaines. L’attique est percé d'oculi, avec cache ajouré en terre cuite qui assure la ventilation du grenier et de toute la maison.

L'équilibre des bâtisses est remarquable ; les façades comme les ouvertures sont disposées de manière très symétrique et régulière. La porte est au centre, encadrée d'un nombre égal de fenêtres. En bois plein, elle est très souvent surmontée d'une imposte vitrée, colorée ou pas, qui constitue une source de lumière pour le couloir central. A chacune des ouvertures du rez-de-chaussée correspond un oculus pour l'aération du grenier.

Les maisons toulousaines ont également en commun l'usage de la brique. Cuite ou crue, elle constitue le matériau de base de ces habitats. La brique toulousaine cuite est généralement très résistante. Ressemblant plutôt à une tuile très épaisse, elle teinte toute la construction d'un rose ocré. Le reste de la maçonnerie peut être composée de terre crue ou de galets.

La brique de terre crue s'employait pour les murs peu exposés aux intempéries.

La grande corniche, à hauteur du toit, est plus décorative que la petite. Elle ne va pas jusqu'au coin des murs et supporte une frise composée d'antéfixes décoratives (voir Quartiers libres n°84) qui masquent la gouttière et la toiture.

Beaucoup de ces maisons disposaient en arrière d'un jardin potager, avec une remise, un poulailler, parfois un puits, un atelier ou une chartreuse. Le confort des premières toulousaines était « spartiate » les toilettes étaient au fond du jardin.

Mais si le noyau élémentaire reste le même, il existe différents modèles comportant des variantes : deux fenêtres (voire trois) de part et d'autre de la porte toujours centrale. Parfois, une dissymétrie volontaire montre une fenêtre d'un côté et deux de l'autre. Et s'il y a un étage cela devient une "toulousaine surélevée" ou "toulousaine à talons hauts" !

Le plus souvent elles conservent le charme de la dimension humaine, celle que souligne le Dr Auriol, créateur de l'association "les petites toulousaines". « Je les défends en tant que citoyen et non sans une certaine nostalgie. Mais aussi en tant que psychiatre. Parce que les êtres humains ne sont pas faits pour vivre entassés. »

Et le docteur de rappeler que "le logement influe largement sur le bien être des gens et leur santé mentale. La toulousaine est comme l'homme. Elle conserve ce lieu où l'on se retire, le jardin secret".

Sources : http://www.les-petites-toulousaines.com/

A suivre …

Philippe MAGRY

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25 Mars 2009