Tradition et Ecologie

par Basile Solnychkine

 

Un état, une société ne peuvent exister sans groupes ou sous groupes les constituant. La ville avec son patrimoine architectural traditionnel est une forme de collectivité avec des sous-groupes quartiers vivants où les habitants se connaissent.
plan du site

Le collectif sans caractère – ce qu’on nous impose – même s’il plagie un certain style toulousain, n’est ce pas la zupisation de nos agglomérations ?

Traditionnellement Toulouse a été et devrait rester une ville à dimension humaine où on devrait pouvoir voir le ciel sans lever la tête et où il n’y avait pas de sur-population dense.

On ne peut comprendre notre besoin de défendre les cultures en voie de disparition en Asie Afrique Amérique alors que nous assistons silencieux à la disparition de c qui a fait notre histoire et notre identité.

Nous avons institué une journée du patrimoine, signe que nous sommes en manque sur ce plan !

(cf Victor Hugo, grand homme et républicain, esprit libre, spirituel sans dogmatisme, « Halte aux démolisseurs ! » ;

il faut butiner les fleurs comme des abeilles (Basile Solnychkine).)

« Il faut qu’un cri universel appelle enfin la nouvelle France au secours de l’ancienne . Tous les genres de profanation de dégradation et de ruine menacent à la fois le peu qui nous reste de ces admirables monuments (il s’agit pour lui d’église) […] auxquels s’attachent la mémoire des rois et la tradition du peuple ». Quoique appauvrie par les dévastations révolutionnaires et la spéculation mercantile, la France est riche de monuments français. Il faut arrêter le marteau qui mutile la face de notre pays. Une loi suffirait !

"Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde. C’est donc dépasser son droit que de le détruire" (Victor Hugo, reprenant un concept de Lao Tseu, « Halte aux démolisseurs », in La Revue des deux mondes, 1er mars 1832.).

 

Ecologie

On a souvent dit que les forêts d’Amazonie sont les poumons du monde, mais les jardins de nos toulousaines ne sont-ils pas le poumon de Toulouse, que l’on remplace par de l’asphalte et du béton avec l’inévitable augmentation des réseaux électriques, téléphoniques, sanitaires et autres avec leurs ondes qui s’entremêlent !

Les maisons ont toutes été construites avec de la brique du pays (argile locale) malgré les défauts d’habitation insuffisamment isolées du sol (humidité), les murs extérieurs respiraient, comme l’on dit dans le bâtiment. Les nouveaux immeubles construits sont eux, entièrement en béton manufacturés : façades, murs porteurs et planchers. Les façades étant encore enduites de peintures étanches. Sans oublier le risque d’exposition aux influences électromagnétiques des fils noyés dans le béton des murs et des planchers ! On découvrira sans doute trop tardivement la nocivité de telles normes.

 

Progrès

Au nom du « progrès » qui a bon dos, les nouveaux promoteurs reprochent aux défenseurs de l’habitat ancien et des petites toulousaines, de ne penser qu’à eux mêmes avec des jardins de 200 à 500 m². Ils proposent, au nom de l’esprit citoyen et du progrès d’accepter de vivre « comme les autres » dans ces « boites à chaussures » ou « clapiers humains ».

Est-il normal dans une démocratie que nos élus, sans avoir jamais évoqué ces programmes d’habitat lors de leur élection, puissent nous contraindre à vivre ds ces immeubles, peut être insalubres [1] , tout comme les zup que l’on détruit aujourd’hui.

 

Parkings

Nos rues sont complètement saturées de voitures, nuit et jour. Avec des parkings de plus en plus souvent payants. Pourtant, nous continuons allègrement à construire, avec des parkings insuffisants (une voiture hier, deux aujourd’hui), alors que la moyenne nationale tend à trois voitures par famille, plus celles des visiteurs et des services.

On tolère un nombre inférieur de places de parking dans les cercles de proximité relative d’une station de métro, comme si les habitants se priveraient volontairement de véhicule en se contentant définitivement du transport en commun. De même le promoteur peut dans certaines conditions prévoir moins de places de parking en versant une indemnité forfaitaire à la commune ; ce qui enlève toute limite à la sur-urbanisation [2]  !

Dans certaines villes comme Toulouse, la vitesse est limitée, pour défendre la protection de l’air ; mais en même temps on continue à multiplier le nombre des véhicules en zone urbaine sans aucune limite.

 

Promotion

Cette profession qui est avant tout financière fait la razzia (tout terrain bâtissable est assiégé par dix promoteurs) sur les terrains pour gagner de l’argent, amener des contribuables plus nombreux pour nos communes, en prétendant que c’est au nom de l’intérêt général et pour faire des économies sur les infrastructures, canalisations et autres, existantes, qui sont pourtant obligatoirement refaites pour les nouvelles populations de ces nouveaux bâtiments.

Dans un monde où tout bouge, où tout croit sans ordre, même les immeubles, les façades, les espaces, sont en permanence en changement. Tout devient éphémère : « les villes contemporaines sont figées dans l’ère du présentéisme » ou du présent perpétuel. « Toute trace du passage du temps est ignorée, les bâtiments à date de péremption ou obsolescence programmée sont détruits pour être reconstruits ; les immeubles sont indéfiniment substituables » (Maffesoli, Non-lieux ; Marc Auger, Le temps en ruine).

Comme le disait Victor Hugo, n’est ce pas le droit de nos citoyens de voir le paysage qu’ils connaissent. Un socle transmis, c’est ce qui va manquer à nos enfants.

 

Le Canal du Midi

Le canal du midi avec ses toulousaines et ses immeubles anciens a été classé par l’Unesco. Nous risquons bientôt de ne garder de ce canal que son filet d’eau central – comme il y en a tant en France.

Dès lors qu’est ce qui est classé ?

Sans doute n'est-il classé que jusqu'au trottoir : seules les écluses sont-elles intéressantes ? Pas les petites Eglises des soeurs parties ? Pas les petites Toulousaines ?

Par contre dans le centre historique, fort heureusement préservé, on a la sensation de redevenir humain. Sans doute la plupart des immeubles sont-ils classés ; pourquoi pas l’habitat toulousain modeste comme les petites  toulousaines ? Ne pourrait on les inscrire dans la deuxième liste du patrimoine architectural ?

 

Google
  Web "les petites toulousaines"    


Psychosonique Yogathérapie Psychanalyse & Psychothérapie Dynamique des groupes Eléments Personnels

© Copyright Bernard AURIOL (email : )

19 Juin 2008

 



[1] Du fait des radiations

[2] On préfère parler de densification, terme plus neutre qui cache le projet de réaliser des mégapoles, sortes de Calcutta moderne.